Préambule

Cet article sur la géologie du Grésivaudan est extrait du site geo-alp.com, avec l’aimable autorisation et le concours de son auteur, Maurice Gidon. Tous les liens de cet article pointent vers les pages correspondantes de geo-alp. L’article original de Maurice Gidon est visible à cette adresse

Description générale

La vallée de l’Isère, entre Grenoble et Montmélian, dénommée Grésivaudan n’est qu’un tronçon du sillon subalpin.
C’est une typique combe monoclinale, ouverte par l’érosion dans les Terres Noires du Jurassique supérieur, pour la raison évidente que celles-ci représentent la formation la plus « tendre » de toutes celles qui affleurent entre le massif cristallin de Belledonne et la Chartreuse (voir la coupe générale).

Le couloir du Grésivaudan, entre la Chartreuse et la chaîne de Belledonne vu du SW, depuis un avion de ligne, vers l'altitude de 8000 m.[nl]Cliquez sur l'image pour une vue plus grande, non commentée.Le couloir du Grésivaudan, entre la Chartreuse et la chaîne de Belledonne vu du SW, depuis un avion de ligne, vers l’altitude de 8000 m.
Cliquez sur l’image pour une vue plus grande, non commentée.

La limite entre les collines bordières et la plaine alluviale du Grésivaudan dessine une courbe relativement pure. Ce tracé résulte surtout du calibrage de ce versant de la vallée par le passage des glaciers quaternaires, à la faveur du fait que la nature des roches y est peu diversifiée. Il ne s’agit pas là d’une surface structurale. En effet cette surface courbe recoupe les plis des collines bordières (que leur inclinaison axiale fait en outre plonger tour à tour, du sud au nord, sous la plaine alluviale).

On distingue, au sud de Domène, un des nombreux méandres que décrit l’Isère dans sa plaine alluviale de colmatage fluvio-lacustre.


Aucune explication tectonique n’est nécessaire pour expliquer le tracé du Grésivaudan. Les quelques tentatives faites en ce sens (basées avant tout sur le postulat implicite que toute vallée serait dirigée par un accident tectonique) se révèlent d’ailleurs dénuées de fondements crédibles.

La combe du Grésivaudan, sans doute ouverte originellement par l’érosion fluviatile, a évidemment été fortement aménagée par le passage des glaciers quaternaires. La langue glaciaire qui l’a parcourue alors y a occasionné un « surcreusement » qui est allé jusqu’à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres sous le niveau du colmatage alluvial actuel. Puis la vallée a été remplie par un lac lorsque les dernières langues glaciaires ont fondu, il y a environ 10.000 ans. Ce lac est maintenant totalement comblé d’alluvions fluvio-lacustres, souvent limoneuses.

Une image approximative de l'aspect de la vallée du Grésivaudan à l'époque du maximum de la dernière glaciation (de Würm) (vue prise en direction du nord, depuis la Croix de Chamrousse).Une image approximative de l’aspect de la vallée du Grésivaudan à l’époque du maximum de la dernière glaciation (de Würm) (vue prise en direction du nord, depuis la Croix de Chamrousse).

L’image du sommet du remplissage de la vallée par la glace est donnée par la « mer de nuages » qui occupe souvent cette vallée par temps froid anticyclonique : le plafond des nuages de flanc de pente s’élevait, ce jour là, à 1200 m, ce qui est de très peu inférieur au niveau qu’atteignait la surface du glacier isérois il y a quelques 40.000 ans.


Du côté sud-oriental le Grésivaudan est séparé de la chaîne de Belledonne par une ligne de reliefs boisés, que les géologues qualifient de « collines bordières« . Elles sont formées par le Jurassique moyen, qui est resté en saillie parce que ce niveau est plus riche en bancs calcaires que les Terres Noires.

Du côté nord-occidental le Grésivaudan est dominé par les pentes les plus orientales de la Chartreuse, qui constituent le « rebord subalpin« . Il s’agit d’un talus abrupt et haut de plus de 1500 m en moyenne, puisque son sommet culmine aux alentours de 2000 m alors que la plaine alluviale de l’Isère ne dépasse pas l’altitude de 250 m. Il est constitué par la tranche d’un empilement de couches qui va, de bas en haut, du Jurassique supérieur (Terres Noires) au sommet du Crétacé inférieur (Urgonien).

Entre Saint-Ismier et Chapareillan deux lignes de falaises presque continues le soulignent, celle de l’Urgonien et celle du Tithonique. La corniche urgonienne se termine à la latitude de Saint-Ismier avec le sommet de la Dent de Crolles. C’est la corniche du Tithonique qui la relaye au sud de Saint-Ismier pour armer la ligne de crête, qui court par le Saint-Eynard jusqu’à la Bastille (Grenoble).

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Le rebord subalpin aux abords nord de Grenoble vu du sud, de l'aplomb de Saint-Martin-d'Hères.[nl]Cliquez sur l'image pour obtenir une vue plus grande, muette.Le rebord subalpin aux abords nord de Grenoble vu du sud, de l’aplomb de Saint-Martin-d’Hères.
Cliquez sur l’image pour obtenir une vue plus grande, muette.

Cette vue, orientée selon l’axe des plis de la Chartreuse orientale, montre bien la manière dont ils sont tranchés en biseau par le rebord subalpin.


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